La pratique de l'herboristerie est-elle légale et reconnue?

Oct 7 / Caroline Gagnon
La pratique de l’herboristerie clinique est-elle légale et reconnue? Quelle est la valeur du diplôme obtenu à la fin de ma formation chez FloraMedicina? Quel titre devrai-je choisir lorsque je commencerai à exercer le métier d’herboriste?

Je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’a interrogée à ces sujets! Pour répondre à vos questions, j’ai donc décidé d’écrire un article dans lequel j’explore les différentes réalités entourant la pratique de l’herboristerie au Québec, en France, en Belgique et en Suisse.
Dans cet article
Cet article est en constante évolution puisque les législations entourant la pratique de l’herboristerie sont sujettes à changement.
Je vous invite donc à revenir visiter cette page fréquemment.
Si vous voyez que votre pays ne s’y trouve pas et que vous souhaiteriez nous aider à l’ajouter à cet article, écrivez-nous.

La législation entourant l’herboristerie: des restrictions insensées

En 2018, le sénateur Joël Labbé m'a invitée à m'adresser au Sénat français dans le cadre de la Mission d'information sur le développement de l'herboristerie et des plantes médicinales, des filières des métiers d'avenir, afin que j'y présente la réalité canadienne et québécoise. C'est à titre de présidente de la Guilde des herboristes du Québec que j'ai donc soumis un état des lieux de l'herboristerie au Québec. Je vous invite à lire si le sujet vous intéresse.
L'herboriste Caroline Gagnon avec le sénateur français Joël Labbé
Cette collaboration avec Joël Labbé, un législateur ayant à cœur l'écologie et l'herboristerie, m'a menée à faire en 2019 la rencontres de différents acteurs et actrices du monde des plantes aromatiques, médicinales et à parfum en France. C'est notamment lors du Colloque sur les métiers de l'herboristerie que j'ai compris à quel point la législation française était restrictive - à un point, par ailleurs, impensable pour moi. J'ai appris l'existence de plusieurs restrictions et interdictions concernant des actes et des plantes qui sont, d'une part, librement pratiqués et utilisées dans une foule d'autres pays et, d'autre part, sans danger, voire banaux.

Ayant moi-même participé au renouveau de l’herboristerie, dans les 30 dernières années, et étant impliquée au niveau législatif ici au Canada, je collabore aujourd’hui avec des personnes provenant de plusieurs pays (Angleterre, États-Unis, Belgique, France, Suisse, etc.) afin de créer une forme de solidarité internationale. Des diplômé.e.s de FloraMedicina, l'école d'herboristerie en ligne que j'ai co-fondé en 1999, commencent également à pratiquer dans ces pays et je souhaite qu’elles et ils puissent le faire librement. 

Ces différentes rencontres m’ont également aidé à comprendre qu’en tant que Canadienne, j’avais le privilège d’une grande liberté de pratique. Ce privilège découle assurément du fait que notre passé ne comporte pas un historique de restrictions aussi marquées. Cette position, libérée des œillères imposées par une législation anachronique, me permet d’entrevoir le futur avec une plus grande ouverture.

Il me paraît donc essentiel de revenir à l’origine de notre pratique, ainsi qu’à celle des réglementations qui l’entourent, pour pouvoir observer les éléments qui ont contribué à forger le contexte actuel et afin d’imaginer un autre futur. Par le passé et dans certaines régions du globe, la pratique de l’herboristerie a été sévèrement restreinte pour des raisons qui nous apparaissent aujourd’hui farfelues ou, du moins, strictement mercantiles.
« La perspective historique nous rappelle que les réglementations évoluent à travers le temps. Elle nous invite aussi à ne pas oublier, qu’en tant que citoyen.ne ou herboriste, nous avons le pouvoir de les changer. »
L’histoire nous aide également à comprendre les transformations qui sont à l’œuvre dans le monde de l’herboristerie – actuellement en plein essor! Il y a une vingtaine d’années, l’herboristerie demeurait une pratique assez marginale, alors qu’elle occupe maintenant plus d’espace dans le monde de la médecine intégrative. De plus en plus de gens la voient comme une approche pouvant venir compléter les soins offerts en médecine conventionnelle, au même titre que l’acupuncture ou l’ergothérapie. Les herboristes-thérapeutes gagnent en popularité et en reconnaissance autant aux yeux du public qu’à ceux des professionnel.le.s de la santé. Si un plus grand nombre de personnes décident de faire de l’herboristerie leur métier, c’est que la demande est croissante et bien réelle.

L’herboristerie a toujours eu sa place au cœur des communautés humaines, des villages et des maisonnées. Il importe de ne pas oublier le chemin parcouru pour mieux comprendre où nous nous situons aujourd’hui et pour imaginer les nombreuses perspectives offertes par l’avenir.

En écrivant cet article, je souhaite aussi vous aider à comprendre les options qui s’offrent à vous si vous décidez de choisir le métier d’herboriste. J’explore par ailleurs toutes les facettes de ce métier fascinant dans un autre article qui pourrait vous intéresser et que je vous invite à lire également.

L’usage des plantes médicinales : un patrimoine culturel immatériel

Depuis les tout débuts de l’histoire de l’humanité, les êtres humains ont eu recours aux plantes médicinales pour se soigner et elles constituent encore la première médecine vers laquelle l’on choisit de se tourner dans de nombreux pays. Cette universalité, ainsi que la présence de l’herboristerie au cœur d’une foule de traditions, fait que plusieurs herboristes souhaiteraient voir les plantes médicinales – et les porteurs et porteuses des savoirs qui leur sont liés – être reconnues comme patrimoine culturel immatériel. Le patrimoine culturel immatériel est un patrimoine vivant constitué d’un ensemble de connaissances et de savoir-faire, transmis par nos ancêtres et devant être préservés pour les générations futures, ce qu’est exactement l’herboristerie.

La pratique de l’herboristerie est un droit ancestral et, loin d’être chose du passé, elle demeure bien vivante à même nos vies modernes. En effet, plusieurs personnes usent des plantes médicinales sans même en avoir conscience.  Lorsque l’on boit une infusion de menthe après le repas, que l’on soigne un rhume à coup de bouillon ou lorsque l’on ajoute naturellement des épices à notre assiette en hiver, nous pratiquons une forme de soin qui découle des savoirs liés aux plantes.

La richesse de la diversité et l’importance de la conserver 

Il y a autant de façons de pratiquer l’herboristerie qu’il y a d’herboristes! Même si toutes les personnes sur Terre qui savent soigner à l’aide des plantes ne se qualifient pas nécessairement d’« herboristes », il existe une parenté entre les passionné.e.s de plantes médicinales. 

Les herboristes partagent une même conception de la plante : elles et ils la conçoivent comme un être vivant à part entière – loin d’être limité à la somme de ses constituants chimiques. Entre herboristes, une certaine familiarité se tisse par cette reconnaissance mutuelle d’une connexion avec le vivant et, plus particulièrement, avec le monde végétal.
Entourée de collègues herboristes et amoureux des plantes médicinales (Assossa, chaman puvi du Gabon, Thierry Thévenin, paysan-herboriste, Michel Pierre, de l'Herboristerie du Palais Royal, Daniel Schlosser, cinéaste, et Joël Labbé, sénateur)
Les diverses dénominations qui s’appliquent au métier d’herboriste sont façonnées par l’histoire, les traditions et les lois singulières aux différentes régions du monde. Loin d’être une source d’ambiguïté, cette diversité reflète plutôt une grande richesse : l’herboristerie est synonyme de résilience, car elle sait toujours s’adapter au contexte social et écologique où elle fleurit.

C’est la diversité, des approches et des savoirs, qui fait la force de l’herboristerie et lui confère une énorme capacité d’adaptation. Discipline fondamentalement flexible, elle a su et sait encore répondre, avec une grande créativité, aux nouveaux défis rencontrés par l’humanité.
« Non seulement il serait difficile d’apposer un titre universel à l’ensemble des herboristes, mais cela ne serait pas non plus souhaitable, car une définition unique serait irréconciliable avec ce qu’est profondément l’herboristerie : une médecine que nous portons toutes et tous! »

Les risques de « l’extinction par définition »

Aujourd’hui, l’herboristerie se voit menacée « d’extinction par définition ». Ce type d’extinction survient lorsque l’on définit une pratique de manière trop restrictive, effaçant d’un même coup la diversité qui la constitue. En limitant, par exemple, l’herboristerie à la simple action de vendre des plantes, on lui retire toute la richesse que lui confère son rapport au soin, au corps ou à l’écologie. Puisque ces autres facettes ne sont plus nommées ou reconnues, elles courent alors le risque de disparaître et d’être complètement dissociées de notre conception de l’herboristerie.

Qu’est-ce que l’herboristerie clinique?

L’herboristerie clinique, telle que je la pratique et l’enseigne, consiste à recevoir des personnes en consultation privée, afin de les accompagner avec les plantes médicinales, mais aussi avec d’autres outils comme l’alimentation, les changements d’habitudes de vie, etc.

Au fil de mes 30 années d’expérience comme herboriste, inspirée des traditions nord-américaines, européennes, autochtones, chinoises, indiennes ainsi que des savoirs intuitifs et empiriques que m’ont livrés les plantes, j’ai développé ma propre approche de l’herboristerie et de l’enseignement. On peut dire, qu’en tant que Québécoise, j’évolue dans un monde caractérisé par une grande mixité. Ainsi, il m’importe de lier science et tradition. Mon parcours est également caractérisé par de longues années d’études qui m’ont permises de mieux comprendre la pathogenèse, la biologie cellulaire, la pharmacognosie, etc. 

Avec mon équipe d’enseignantes, nous travaillons à former des herboristes capables d’accompagner les personnes qui les consultent, et ce, peu importe les difficultés qu’elles vivent, tout en respectant les limites de leur pratique, d’un cadre éthique clair et de la législation en vigueur dans leur coin du monde. Nous enseignons aussi à nos étudiant.e.s à connaître les plantes, à jongler avec leurs propriétés et à s’approprier le langage scientifique, leur permettant d’actualiser continuellement leur pratique, ainsi qu’à apprivoiser les perspectives particulières offertes par l’ayurvéda et la médecine traditionnelle chinoise.

Nous tenons avant tout à accompagner les étudiant.e.s afin qu’elles et ils soient capables d’offrir à leurs client.e.s une relation thérapeutique qui soit vraiment… thérapeutique! Car au cœur du métier d’herboriste se trouvent bien sûr nos fabuleuses alliées les plantes, mais aussi la personne qui va à leur rencontre.

En plus d’être une approche holistique, qui prend en considération toutes les facettes de la personne, l’herboristerie clinique est parfaitement complémentaire aux soins offerts en médecine conventionnelle. Elle a donc sa place dans les courants de médecine complémentaire et de médecine intégrative, qui, je l’espère, deviendront bientôt la norme. Qu’il s’agisse de résistance aux antibiotiques, d’allergies ou de maladies auto-immunitaires, cette approche offre des solutions sécuritaires et efficaces qui soutiennent le corps dans ses mécanismes de guérison. Aujourd’hui, de nombreuses polycliniques sont à la recherche d’herboristes-thérapeutes pour compléter leur équipe.

Pour en apprendre davantage sur notre formation en ligne complète destinée aux personnes qui veulent faire de l'herboristerie clinique un métier, je vous invite à lire notre programme détaillé et magnifiquement imagé. Vous pouvez également venir nous rencontrer, mon équipe et moi, lors des prochaines portes ouvertes virtuelles de FloraMedicina, afin de nous poser toutes vos questions. 
FloraMedicina offre une formation à distance complète en herboristerie clinique
Mortier d'herboriste

Encadrement légal de la pratique de l’herboristerie clinique en France

Afin de mieux comprendre l’origine des différentes réglementations entourant la pratique de l’herboristerie en France, une certaine analyse historique s’impose.

Dans ce pays, comme ailleurs, il y a toujours eu des herboristes – porteuses et porteurs de savoirs régionaux en lien avec les plantes médicinales. Dès le Moyen-Âge, on constate cependant une première volonté d’encadrer ce métier. Trois corporations se disputent, pour des raisons principalement mercantiles, le droit de vendre et de conseiller des plantes. L’herboriste devient alors herbier (qui cueille et vend des plantes indigènes séchées), apothicaire (ancêtre des pharmacien.ne.s modernes) ou médecin.
En France, c’est au métier d’apothicaire que l’on associe aujourd’hui principalement celui d’herboriste. Après un décret de Louis XVI en 1777, les apothicaires changent officiellement de titre pour celui de pharmacien.ne. Ils obtiennent l’exclusivité quant à la préparation de remèdes, y compris ceux à base de plantes. Le métier d’herboriste se retrouve alors associé à ce corps de métier. Cela peut d’ailleurs sembler paradoxal, puisque la façon dont sont perçus le corps, la santé et les plantes est très différente, selon qu’on les aborde du point de vue de l’industrie pharmaceutique ou de celui de l’herboristerie traditionnelle. Cette association pose donc les bases d’une certaine « extinction par définition », comme on l’a mentionné plus haut. 

Ainsi, en France comme partout dans le monde, il n’est pas erroné de dire que la commercialisation des plantes médicinales ainsi que l’essor de l’industrie pharmaceutique ont contribué à mettre un certain frein à la pratique populaire de l’herboristerie.

Sous le régime de Vichy, en 1941, la modification des lois entourant l’usage des plantes médicinales marque un triste tournant : le métier d’herboriste, tel qu’il était encore pratiqué en France, tombe dans l’illégalité et le diplôme qui lui était associé cesse d’exister. Les 4500 herboristes qui exerçaient alors ont cependant pu continuer à pratiquer leur métier, et ce, jusqu’à leur mort. Cela explique pourquoi il existe, encore à ce jour, quelques comptoirs d’herboristerie en France. À partir de cette triste époque, les plantes médicinales sont placées sous le monopole pharmaceutique et ne peuvent être vendues que par des pharmacien.ne.s.

En 1979, on « libère » 39 plantes, qui pourront désormais être accessibles en vente libre, officiellement pour usage alimentaire. En 2008, ce nombre passe à 148 plantes : elles forment, encore aujourd’hui la liste des plantes « libérées ». Il faut noter que des plantes aussi communes que le framboisier, la calendule ou le plantain ne sont toujours pas « libérées » ainsi que plusieurs des plantes faisant partie traditionnellement des nombreuses pharmacopées régionales de France.

Seul.e.s les pharmacien.ne.s sont autorisé.e.s à vendre des plantes à des fins médicinales et à offrir des conseils en lien avec celles-ci. Elles et ils n’ont d’ailleurs pas l’autorisation de concocter des mélanges originaux. Ces pharmacien.ne.s n'ont pas suivi de formation étendue sur les plantes et ne sont donc pas en mesure de présenter à leur patientèle toutes leurs potentialités. Malheureusement, cette situation ne peut mener qu’à la disparition progressive de nombreux savoirs liés aux plantes, puisque les seules personnes autorisées à les vendre ne connaissent souvent ni leurs vertus ni leurs particularités. 

La loi est cependant beaucoup plus permissive lorsqu’il s’agit de plantes transformées en laboratoire, souvent à grande échelle, et étiquetées en tant que compléments alimentaires. Sous forme de poudre ou d’extraits, c’est plus de 1300 compléments qui seraient actuellement autorisés en France. Cette différence législative peut paraître illogique, surtout lorsque l’on sait que certaines plantes peuvent être vendues légalement sous forme de poudre alors qu’elles demeurent illégales dans leur forme entière ou fraîche. 

Puisque les compléments alimentaires sont beaucoup plus largement autorisés, un grand nombre de naturopathes exercent en France. Elles et ils aident surtout leur client.e.s à adopter des habitudes de vie plus saines et leur recommandent aussi des compléments alimentaires.

Plusieurs de nos étudiant.e.s français.e.s exercent sous le titre de naturopathe ou adoptent celui de practicien.ne en herboristerie, qui n’est pas encadré par la loi, comme l’est celui d’herboriste « tout court ». Certain.e.s choisissent aussi le titre d’herbaliste, traduisant ce terme directement de l’anglais afin d’échapper à l’aspect restrictif du mot « herboriste ».
Les paysan.ne.s herboristes ont le droit de vendre les plantes « libérées » qu’elles et ils cultivent, mais ne peuvent divulguer aucune information en lien avec celles-ci. Cette réglementation est également assez paradoxale puisque toutes ces informations, incluant des informations parfois fautives, sont accessibles sur Internet et ailleurs. La clientèle est ainsi privée des meilleures informations possibles, celles que détiennent les personnes qui cultivent les plantes, les récoltent, les transforment, les étudient et les utilisent pour se soigner et soigner leurs proches.

Lors de la Mission d’information sur le développement de l'herboristerie et des plantes médicinales, des filières et métiers d’avenir, tenue en 2018, j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs des actrices et acteurs œuvrant dans le milieu de l’herboristerie ou du soin.

Fêtes des Simples plantes médicinales en France
Fête des Simples en France
L’herboristerie clinique, telle qu’elle se pratique en Amérique du Nord et telle que nous l’enseignons chez FloraMedicina, est encore peu connue en France, mais le changement est en marche et est notamment porté par nos étudiant.e.s et diplômé.e.s! Les herboristes français.e.s – souvent des paysan.ne.s, cueilleuses ou cueilleurs – s’organisent pour faire reconnaître leur droit à pratiquer l’herboristerie. Il existe donc de plus en plus de regroupements d’herboristes en France. La Fédération des Paysan.ne.s Herboristes et le Syndicat des simples sont deux d’entre eux. Les interventions du sénateur Joël Labbé nous donnent un excellent exemple des pressions politiques en cours, qui visent non seulement à « libérer » les plantes médicinales, mais surtout à redonner leur place aux herboristes au sein du paysage des soins accessibles.
« Qu’elles et ils soient herboristes, paysan.ne.s, médecins ou pharmacien.ne.s, toutes et tous travaillent main dans la main afin de changer certaines des lois anachroniques qui régissent encore la pratique de l’herboristerie en France. »

Donc : est-il possible de pratiquer l’herboristerie clinique en France?

À cette question, je répondrais définitivement « oui », tout en vous invitant à bien connaître le cadre légal entourant la pratique de l’herboristerie ainsi qu’à avoir, peut-être si cela est nécessaire, le courage de le contourner sans pourtant l’enfreindre. Je vous conseillerais également de maintenir des relations fortes avec d’autres passionné.e.s de plantes médicinales ainsi que d’autres actrices et acteurs du milieu. 

Avec la connaissance que j’ai du milieu de l’herboristerie au Québec et tous les changements que j’ai vus survenir ici – en seulement quelques décennies –, je peux vous assurer que, selon moi, le visage de l’herboristerie en France changera énormément au cours des dix prochaines années, et pour le mieux! La pratique de l’herboristerie y est d’ailleurs encore bien vivante, et ce, grâce à toutes les personnes qui continuent de cueillir, de cultiver, de transformer, de vendre et d’étudier les plantes médicinales. 

Encadrement légal de la pratique de l’herboristerie en Belgique 

Tout comme pour la France, la Belgique a aussi connu, historiquement, plusieurs événements qui ont contribué à restreindre l’usage des plantes médicinales sur son territoire.

Aujourd’hui, il existe cependant un diplôme d’État qui confère le titre de « Chef d’entreprise en herboristerie » à celles et ceux qui suivent cette formation. On retrouve donc des boutiques d’herboristerie un peu partout au pays. Dans ces boutiques, les client.e.s ont accès à des plantes médicinales ainsi qu’à certains renseignements et conseils à leur sujet. 

Puisque ce diplôme est livré et homologué par l’État, il est peu coûteux. Toutefois, la formation offerte ne touche pas à tous les aspects du riche métier d’herboriste. Liée au secteur Horeca (hôtellerie, restauration et cafés), elle se concentre davantage sur la gestion d’entreprise. Certes, la ou le « chef d’entreprise en herboristerie » pourra offrir des conseils à sa clientèle, mais elle ou il ne pourra le faire que dans un cadre commercial, en boutique, et non en consultation privée, en cabinet.

Les herboristes belges peuvent réaliser des transformations et des mélanges de plantes médicinales. Elles et ils sont autorisé.e.s à donner des conseils liés aux cosmétiques, aux habitudes de vie et à l’alimentation. 

En Belgique, il existe une liste de plantes autorisées – que l’on peut trouver en vente libre – ainsi qu’une liste de plantes interdites. Ces listes, établies par le SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement, sont répertoriées dans un arrêté royal aussi connu sous le nom d’Arrêté Plantes. D’abord publié en 1997, il a été modifié pour la dernière fois en 2018 avec l’ajout de spécifications sur les parties à utiliser et les dosages permis. 
Encore perçu comme des « droguistes », depuis un arrêté royal datant de 1884, les herboristes belges souhaiteraient plutôt être reconnu.e.s comme des professionnel.le.s de la santé.
« Ainsi, le diplôme d’État est une arme à double tranchant. D’un côté, il assure une certaine légalité à la pratique de l’herboristerie, mais il participe aussi à la limiter au cadre de la vente en boutique. »
C’est pour cette raison que plusieurs herboristes belges cherchent à acquérir d’autres types de formations. Elles et ils cherchent à acquérir une connaissance beaucoup plus approfondie des plantes et du corps humain que ce qui est offert dans une formation se limitant à l’aspect commercial de l’herboristerie. 

En Belgique, comme ailleurs, la médecine intégrative gagne en popularité et la demande en matière de plantes médicinales est également en hausse. De plus en plus de gens souhaitent donc pouvoir accompagner, de façon thérapeutique, leur patientèle à l’aide des plantes en dépassant le simple cadre de la vente-conseil. 

Encadrement légal de la pratique de l’herboristerie en Suisse

En Suisse, le métier d’herboriste n’est pas officiellement reconnu par l’État. Puisqu’il n’existe aucune loi entourant cette pratique au niveau fédéral, différents cantons se sont dotés d’une législation qui leur est propre. C’est généralement le pharmacien cantonal qui est chargé de surveiller les activités des herboristes dans chaque canton. 

Comme c’est le cas dans plusieurs pays d’Europe, le métier d’herboriste a été indexé à celui de droguiste et de pharmacien.ne. On parlera donc souvent de droguiste-herboriste pour désigner toute personne travaillant dans une droguerie et ayant l’autorisation de vendre des plantes médicinales. Seul.e.s les titulaires d’un diplôme de pharmacie ou de droguerie y sont d’ailleurs autorisé.e.s. Ils et elles doivent être inscrit.e.s au
NAREG (Registre national des professions de la santé pour les professions de la santé non universitaire) pour pouvoir exercer. 

L’Institut suisse des produits thérapeutiques, Swissmedic, a réparti les différents produits de santé autorisés sur cinq listes. Les produits et plantes pouvant être vendus par les droguistes-herboristes se trouvent sur la liste D et sont définis comme produits « remis sur conseil spécialisé ». 

Encore une fois, l’exemple suisse nous démontre que la richesse et les potentiels offerts par le métier d’herboriste se trouvent trop souvent réduits et limités au simple aspect commercial. Les droguistes-herboristes ne sont malheureusement pas perçus comme des professionnel.le.s de la santé, mais comme des professionnel.le.s de la vente. 

Cependant, et en regard d’une demande croissante pour l’accès aux médecines complémentaires, on observe plusieurs avancées pour les médecines naturelles. Depuis le 1er août 2017, les prestations médicales liées à cinq types de médecines complémentaires – incluant la phytothérapie – sont remboursées par l’assurance maladie lorsqu’elles sont prodiguées par des médecins. Ce projet pilote pourrait ouvrir la voie à une plus grande reconnaissance de l’apport des médecines complémentaires et naturelles au domaine du soin. 

Différentes associations, telles que l'ASCA
(Fondation suisse pour les médecines complémentaires),participent également à la reconnaissance et au développement des thérapies alternatives et complémentaires en Suisse. Depuis 1991, cette fondation travaille avec des spécialistes (médecins ou non-médecins), des naturopathes, practicien.nes de la santé ainsi des assureur.e.s afin d’assurer la sécurité de la patientèle tout en faisant la promotion d’approches alternatives en matière de santé.  

En Suisse, un.e herboriste est autorisé.e à cueillir, à cultiver, à sécher, à conditionner et à transformer les plantes médicinales ainsi qu’à prodiguer des conseils relatifs aux plantes et aux habitudes de vie. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la page présentant ce métier sur
orientation.ch

Encadrement légal de la pratique de l’herboristerie au Québec et au Canada

Au Québec, la pratique de l’herboristerie prend racine dans les savoirs des Premières Nations, qui utilisent les plantes environnantes pour se soigner. Il faut noter que ces savoirs, ainsi que les pratiques qui leurs sont associées, sont toujours bien vivants. Il importe de leur redonner la place – ainsi que la reconnaissance – qui leur revient. Plus qu’une simple pharmacopée, c’est une vision du monde et de la santé qui est véhiculée à travers l’usage autochtone des plantes médicinales. Cet usage diffère d’ailleurs selon les différentes nations.


À ces savoirs et à cette pharmacopée, fortement ancrées dans le territoire, s’ajouteront plusieurs plantes rapportées d’Europe par les colons. C’est pourquoi nous retrouvons maintenant au Québec plusieurs plantes françaises qui ont été naturalisées (comme le plantain, l’achillée, etc.). À l’époque, chaque famille connaissait les usages liés à certaines plantes et y avait recours en cas de maladies. Ces savoirs particuliers se sont mélangés à ceux acquis au contact des peuples autochtones. 

Marie-Josée Vivier, herboriste-thérapeute accrédité (HTA) et enseignante chez FloraMedicina, servant des plantes dans la boutique d'herboristerie Alchimiste en herbes, à Montréal au Québec.
Ce sont surtout les « bonnes sœurs », ou religieuses, qui seront responsables de s’occuper des jardins de plantes médicinales, car ce sont elles qui assuraient le rôle de soignante au sein des premières colonies.
L’industrialisation ainsi que la forte ascendance du domaine pharmaceutique ont contribué à effacer, peu à peu, l’importance des plantes médicinales. Leur usage n’est cependant jamais complètement disparu. Un fait qui n’est pas étranger à l’influence anglo-saxonne de nos voisins du Sud et à celles des loyalistes immigrés au Canada. Dès le 19e siècle, la philosophie des Éclectiques, ces médecins-herboristes américains qui font la promotion de méthodes de guérison naturelles basées sur l’utilisation des plantes indigènes d’Amérique du Nord, opère une certaine influence sur la manière dont se développe l’herboristerie de ce côté-ci de la frontière. 

Parallèlement à la médecine institutionnalisée, liée aux ordres religieux, aux universités et aux hôpitaux, des
femmes sages (et sages-femmes!) ont toujours continué de transmettre les savoirs de l’herboristerie à travers les âges. À même les villages les plus reculés, elles ont su apporter une forme d’autonomie à leur communauté. 

Depuis
les années 1970, en partie sous l’influence de ce qui se passe chez les herboristes états‑uniens, on assiste au Québec à une revalorisation de l’herboristerie. À partir des années 90, l’engouement s’accélère, notamment grâce au travail de femmes passionnées, comme Marie Provost, fondatrice de la Clef des Champs – le plus grand jardin et producteur de plantes médicinales de la province – et Danièle Laberge, fondatrice de L’Armoire aux Herbes (qui n’existe malheureusement plus aujourd’hui). Véritables pionnières de l’herboristerie moderne, elles ont toutes deux créé de grands jardins de plantes médicinales biologiques, commercialisé une grande variété de produits d’herboristeries de qualité, fondé des écoles d’herboristerie et publié des ouvrages qui ont contribué à insuffler une nouvelle vitalité au domaine de l’herboristerie au Québec.

Aujourd’hui
, il est donc possible de se procurer des plantes médicinales, sous toutes leurs formes, dans les différentes boutiques d’herboristerie situées un peu partout sur le territoire. De plus en plus de gens choisissent de pratiquer l’herboristerie clinique en accompagnant les personnes qui les consultent à l’aide de plantes et d’autres outils. Les démarches de professionnalisation de la pratique, proposée par la Guilde des herboristes, n’est pas étrangère à ce regain de popularité et à la reconnaissance croissante dont les herboristes bénéficient auprès des autres professionnel.le.s de la santé. Les herboristes ne font cependant pas parties d’un ordre professionnel et doivent respecter les actes réservés. Elles et ils ne peuvent pas, par exemple, poser de diagnostic. 

Outre la popularité grandissante de l’herboristerie clinique, on compte aussi un regain d’intérêt général pour les plantes médicinales et pour tous les métiers qui leurs sont associés.
Pratiquer l’herboristerie au Québec et au Canada, prend donc plusieurs formes qu’il s’agisse de production ou de cueillette de plantes, de fabrication de produits, de vente-conseil, de relation thérapeutique ou simplement de soins prodigués par une mère de famille à ses enfants à l’aide des plantes. Encore une fois, je vous invite à lire l’article que j’ai écrit à ce sujet : ici.

À travers toutes ces avancées, il ne faudrait pas oublier l’importance cruciale des savoirs autochtones et de leur transmission par les Premières Nations. En tant qu’herboriste, il est nécessaire de prendre conscience des gestes que nous posons, surtout lorsqu’il s’agit d’utiliser des savoirs hérités des Premiers Peuples. Nous nous devons de valoriser cette médecine afin qu’elle puisse reprendre sa place, en étant librement pratiquée au sein des communautés, et non pas dans une optique d’appropriation. Il faut ainsi faire preuve d’un grand respect lorsque l’on use d’un savoir qui provient des Premières Nations. Après qu’on se soit assuré.e d’avoir la permission de partager l’un de ces savoirs, il ne faut pas oublier de mentionner l’origine de cet héritage (en nommant par exemple la personne qui nous l’a transmis) et de trouver une manière de redonner à la communauté si nous en profitons monétairement. Face au génocide culturel qui a eu lieu, et qui se poursuit toujours, c’est la moindre des choses de donner tout l’appui (et l’espace) nécessaire pour que les Premières Nations puissent se réapproprier les savoirs qui leur appartiennent. Je vous invite donc à participer, autant que possible et en toute humilité, au mouvement de réconciliation.

Une herboriste qui conseille des plantes à une cliente en magasin

La législation de l’herboristerie et des produits naturels au Canada et au Québec 

Au Canada, l’herboristerie est régie par deux paliers gouvernementaux. La réglementation entourant la mise en marché des produits de santé naturels, dont les produits d’herboristerie, est gérée par le gouvernement fédéral et par Santé Canada – plus précisément, par la branche DPSNSO : la Direction des produits de santé naturels et sans ordonnance. La pratique clinique de l’herboristerie, quant à elle, est administrée par les provinces selon les législations appliquées à la pratique de la médecine ainsi qu’aux ordres professionnels. 

Aujourd’hui, toute entreprise souhaitant fabriquer, emballer, étiqueter ou importer un produit de santé naturel (PSN) doit faire une demande de licence de mise en marché à la Direction des produits de santé naturels et sans ordonnance (DPSNSO) afin d’obtenir un numéro de produit naturel (NPN), et ce pour chaque PSN commercialisé. Tous les acteurs et actrices du monde des produits de santé naturels doivent aussi posséder une licence d’exploitation pour les installations de leur entreprise. Seuls les PSN portant un NPN peuvent comporter sur leur étiquette une allégation relative à la santé, c’est-à-dire une indication précise quant aux propriétés thérapeutiques du produit. Cette allégation de santé doit être celle qui a été soumise et acceptée dans le cadre de la demande de licence de mise en marché. Les autres informations devant figurer sur l’étiquette (posologie, date d’expiration, etc.) sont également définies par le règlement. Les produits d’herboristerie traditionnelle (teintures, onguents, poudre de plantes encapsulées, etc.) vendus avec une allégation de santé sur l’emballage sont considérés comme des PSN et doivent porter un NPN. Les plantes séchées vendues en vrac ou préemballées, mais ne portant pas d’allégation de santé (p. ex. tisanes en sachets sans allégation de santé sur l’emballage), peuvent être vendues sans NPN et elles ne sont pas taxées. Tous les PSN ainsi que les plantes en vrac ou préemballées vendues sans allégation de santé sur l’emballage sont vendus librement.

Les herboristes-thérapeutes, mais aussi les paysan.ne.s-herboristes qui vendent leurs propres produits sur leur ferme ou dans les marchés publics, sont exempté.e.s de cette réglementation. Ils et elles peuvent vendre leurs produits directement à leurs clientèle, sans NPN.

Vous souhaitez en apprendre davantage sur la situation passée et actuelle de l’herboristerie au Québec? 

Je vous invite à lire ce fabuleux document, que j’ai rédigé au printemps 2019 avec mes collègues.

La formation en herboristerie clinique est-elle reconnue? 

Les écoles d’herboristerie, comme FloraMedicina, ne sont pas subventionnées par des fonds publics et leurs programmes ne sont pas reconnus par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec. Nos étudiant.e.s n’ont donc pas accès au Programme de prêts et bourses du Québec. D’un point de vue fiscal, le gouvernement fédéral reconnaît cependant les écoles d’herboristerie à titre d’établissement d’enseignement. Nous pouvons donc remettre des reçus fiscaux.
Write your awesome label here.
Nos diplômé.e.s sont cependant reconnu.e.s par diverses associations de naturopathie, ce qui leur permet d’émettre des reçus pour fins d’assurance.

De son côté, la Guilde des herboristes du Québec reconnaît actuellement trois écoles offrant une
formation complète en herboristerie clinique, dont FloraMedicina. J’ajouterais que FloraMedicina est l’école dont est issue la majorité des herboristes thérapeutes ayant obtenu le titre d’HTA, ce qui démontre la solidité de notre formation, mais aussi le rôle important que nous jouons dans le rayonnement et la professionnalisation de la pratique.

Le choix d’un titre qui vous convient 

Au Québec, un.e herboriste peut choisir le titre qui lui convient, peu importe qu’elle ou il soit diplômé.e, ou pas, d’une école ou d’une autre. 

Les herboristes qui ont suivi une formation approfondie afin de pouvoir accompagner des personnes qui les consultent en privé, en leur conseillant des plantes médicinales ainsi que d’autres outils, pratiquent ce qu’on appelle l’herboristerie clinique. Ces personnes sont libres de choisir le titre qu’elles préfèrent pour définir leur pratique. Au Québec, elles choisissent généralement le titre d’herboriste-thérapeute. Si elles ont réussi le processus d’accréditation de la Guilde, elles portent ensuite le titre d’herboriste-thérapeute accrédité.e (HTA). En France, ces personnes privilégieront souvent le titre de practicien.ne en herboristerie. 

Herboriste-thérapeute, naturopathe-herboriste, phytothérapeute, herbaliste, herboriste-paysan.ne, herboriste practicien.ne, herboriste clinicien.ne, practicien.ne en herboristerie
ou Maître herboriste sont quelques-uns des titres les plus populaires chez les personnes qui choisissent de faire le métier d’herboriste. 

Il serait évidemment mensonger de se dire « diplômé.e » d’une école sans y avoir étudier ou de se prétendre herboriste-thérapeute accrédité.e (HTA) sans vraiment l’être. L’usage des titres réservés à des membres d’ordres professionnels est également interdits par la loi. 

En résumé 

Chaque être humain a le droit de récolter, de cultiver, de consommer et d’apprendre à utiliser les plantes médicinales. Nous assistons présentement à ce que certains appellent « le renouveau de l’herboristerie », mais je peux vous assurer que les plantes médicinales n’ont jamais cessé de faire partie de nos cultures et de nos pratiques. L’herboristerie a toujours été là et les savoirs qu’elle porte sont essentiel au bien-être de l’humanité. 

Victime d’une certaine chasse gardée et, disons-le, de restrictions liées à des intérêts mercantiles plutôt que communautaires, elle a su se réinventer malgré les embûches. Lorsqu’on pense à l’histoire de l’herboristerie, il faut également rappeler que les lois sont sujettes à changer et que nous avons notre mot à dire en ce qui les concerne. 

L’histoire nous apprend aussi que c’est sa grande capacité d’adaptation, son incroyable diversité ainsi que son ancrage dans le territoire qui confèrent à l’herboristerie une résilience hors du commun. C’est une approche de soin qui favorise le local et la proximité puisque l’herboriste est toujours ancré.e dans sa communauté, tout comme les plantes qu’elle ou il utilise pour soigner.

J’ai la conviction que le savoir et l’expertise développés par les herboristes du monde entier seront de plus en plus recherchés pour répondre aux différents défis à venir, autant en matière d’écologie que de santé. 

Je vous invite donc à ne pas voir le futur de l’herboristerie avec les œillères propres aux restrictions actuelles, mais à être actrices et acteurs de changements, porteuses et porteurs d’espoir et de savoirs. Ensemble, nous contribuons à faire vivre et vibrer l’herboristerie dont nous rêvons : en travaillant de pair avec nos collègues, en cueillant, en cultivant, en transformant, en éduquant, en partageant nos observations cliniques, etc. C’est ensemble également que nous bâtirons les pratiques d’herboristerie que nous souhaitons léguer aux générations futures –qui en auront grand besoin!

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